John Dowland : Lachrimae

John Dowland est un compositeur et luthiste né en Angleterre ou en Irlande en 1563 et mort début 1626.


L’œuvre musicale de Dowland comprend des pièces chantées accompagnées au luth, des psaumes, des œuvres pour luth seul et pour ensemble de violes (« consort of viols ») avec accompagnement de luth.

Son œuvre instrumentale la plus connue, Lachrimæ or Seaven Teares Figured in Seaven Passionate Pavans … (Pleurs, ou Sept larmes représentées par sept pavanes passionnées …) est un groupe de sept pavanes pour cinq violes (donc à 5 parties instrumentales) avec un luth soutenant cette polyphonie, chacune d’entre elles étant basée sur Flow My Tears (« Coulez, mes larmes »). Cette pièce devint l’une des plus connues de la musique pour ensemble instrumental de cette époque. Sa pavane Lachrymæ antiquæ fut aussi l’un des grands succès du xviie siècle.

Les pièces chantées de Dowland traitent de différents thèmes. Musicalement, il s’agit principalement de chants strophiques, plus rarement de pièces à composition continue (durchkomponiert en allemand3), c’est-à-dire composées de bout en bout puisqu’on n’y trouve pas les formules simplement reproduites de strophe en strophe. L’accompagnement est en grande partie homophone, enrichi cependant par de nombreux ornements. Quelques airs, comme Flow My Tears ou Oh, sweet woods (« Ô, doux bois ») contiennent aussi des passages polyphoniques à composition continue (durchkomponiert), mais la polyphonie reste dans les limites de ce qui peut être joué au luth. La manière de déclamer le texte le laisse distinct et compréhensible en permanence et les ornements sont utilisés comme éléments expressifs.

Les œuvres instrumentales de Dowland ont une importance particulière. Ses compositions pour ensemble de violes de gambe avec accompagnement de luth marquent dans l’histoire de la musique européenne un premier point culminant dans le développement d’une musique instrumentale indépendante de la voix.

La musique de Dowland exprime souvent la mélancolie, un sentiment très présent dans la musique de cette époque. Il écrivit d’ailleurs une pièce pour consort dont le titre pourrait selon certains résumer son œuvre. Elle est intitulée, en latin :Semper Dowland, semper dolens (Toujours Dowland, toujours souffrant). Cette humeur mélancolique est mise en relief par une harmonisation riche en couleurs et en dissonances.